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Privatisation de l’école — le fiasco suédois

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Privatisation de l’école — le fiasco suédois Des études récentes démontrent que les friskolor (établissements privés sous contrat — LPS) attirent davantage les familles les plus aisées. « Les nouveaux arrivants, les personnes de milieux défavorisés ne viennent pas chez nous, confirme Mme Arsenau-Bussières. Nous avons cinq cents élèves sur liste d’attente, et leur inscription est le fait de parents qui connaissent le système. » Chercheur indépendant travaillant sur la ségrégation générée par ce mode d’organisation de l’éducation, Per Kornhall ajoute : « Lorsque vous venez de vous installer dans un pays dont vous ne parlez pas la langue, vous n’avez pas accès aux bonnes informations. Les inscriptions se font par imitation des amis, des voisins… » Pour

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Privatisation de l’école — le fiasco suédoisDes études récentes démontrent que les friskolor (établissements privés sous contrat — LPS) attirent davantage les familles les plus aisées. « Les nouveaux arrivants, les personnes de milieux défavorisés ne viennent pas chez nous, confirme Mme Arsenau-Bussières. Nous avons cinq cents élèves sur liste d’attente, et leur inscription est le fait de parents qui connaissent le système. » Chercheur indépendant travaillant sur la ségrégation générée par ce mode d’organisation de l’éducation, Per Kornhall ajoute : « Lorsque vous venez de vous installer dans un pays dont vous ne parlez pas la langue, vous n’avez pas accès aux bonnes informations. Les inscriptions se font par imitation des amis, des voisins… » Pour pallier ce manque d’information, sur le site de la ville de Stockholm, un comparateur affiche désormais une liste des écoles selon des critères tels que les résultats des enquêtes de satisfaction auprès des élèves, le nombre d’élèves par enseignant ou le pourcentage de professeurs certifiés.

D’anciens partisans de la réforme reconnaissent leur erreur : « Nous avons sous-estimé la force du pouvoir économique, admet Mme Åsa Fahlén, présidente du syndicat de professeurs Lärarnas Riksförbund. Il y a eu de la naïveté dans la société suédoise. » Elle nous reçoit au siège du syndicat, situé en face de la tombe d’Olof Palme, premier ministre assassiné en 1986 et incarnation du socialisme à la suédoise de jadis : travailliste, tiers- mondiste, féministe et favorable à un État fort. Elle reconnaît le rôle joué par les deux principaux syndicats — Lärarnas Riksförbund et Lärarförbundet — dans l’adoption des réformes : « Nous étions favorables à ce qu’il y ait des écoles privées avec divers types de pédagogie, admet-elle en souriant. Cela devait augmenter le pluralisme, la diversité, et favoriser une concurrence bénéfique pour les salaires. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. »

Le Monde Diplomatique

Lars Pålsson Syll
Professor at Malmö University. Primary research interest - the philosophy, history and methodology of economics.

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